Food Intolerance

Eczéma atopique

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau à prédisposition génétique, d’origine inconnue et dont la prévalence est croissante dans les pays industrialisés.

Bien que dans la plupart des cas la symptomatologie est relativement modérée, la dermatite atopique peut prendre des formes sévère et étendues avec un impact important sur la qualité de la vie des patients (Oranje and de Waard-van der Spek, 2002). Les enfants souffrant d’eczéma atopique ont souvent une histoire familiale d’atopie et montrent un changement de leur symptomatologie d’hypersensibilité alimentaire au cours du temps.

Ils présentent une fréquence élevée d’intolérances alimentaires et de manifestations allergiques, comme une rhinite ou asthme (Iacono et al., 1998). Les enfants souffrant d’un eczéma atopique ont plus souvent des réactions IgG anti-aliments que les enfants non-atopiques (Eysink et al., 1999). Les IgG spécifiques anti-antigènes alimentaires sont également un marqueur pronostique précoce pour le développement d’une atopie chez les enfants. Des sujets présentant des titres élevés en IgG contre des antigènes alimentaires plus particulièrement contre le blanc d’œuf, orange, mixtures de blé et riz ont un risque accru d’avoir des IgE anti-chat, chien, dermatophagoides, œuf, et protéines du lait (Eysink et al., 1999 ; Eysink et al., 2002). L’eczéma atopique est surtout associé à des concentrations élevées en IgG4 anti-beta-lactoglobuline (hypersensibilité alimentaire) et anti-bouleau (Jenmalm et al., 1999) ce qui suppose une déviation du système immunitaire vers une réponse de type TH2 chez les enfants atopiques. Les 6 premiers mois de la vie représentent probablement une période critique pour l’initiation des changements immunologiques résultant dans le déclenchement de l’atopie. Une réponse exagérée de type TH2 chez des enfants à haut risque qui vont développer une atopie est probablement due à une production diminuée d’IFNg et augmentée d’IL-4 et IL-10 en présence d’allergènes durant la période néonatale (Lester et al., 1995 ; Reinhold et al., 1988 ; van der Velden et al., 2001). La forte réponse IL-10 observée chez les enfants atopiques à l’âge de 12 mois aurait pour conséquence un manque de contrôle du processus inflammatoire. Une dérégulation des gènes contrôlant l’expression des cytokines TH2 mis à part une prédisposition génétique serait due à des facteurs environnementaux avant ou après la naissance en vue de la fréquence croissante des allergies dans les pays industrialisés. La réduction des maladies infectieuses suite aux vaccinations à un âge précoce, les traitements antibiotiques et le changement du style de vie et de l’alimentation sont probablement des facteurs importants qui influencent la réponse immunitaire d’un individu vis-à-vis d’antigènes ou allergènes ubiquitaires (Parronchi et al., 2000). La balance entre la production de cytokines de types TH1 et TH2 est influencée également par différents facteurs présents dans le micro-environnement des cellules CD4+ (TH) durant leur activation (Kapsenberg et al., 1996 ; 1999). D’un intérêt particulier est le taux de production de IL-12 et prostaglandine E2(PEG2) par les cellules APC qui induit soit une réponse de type TH1 (IL-12 élevé) ou TH2 (PEG2 élevé). Ce taux est influencé par le type de cellule APC, la nature du stimulus et la présence de certaines cytokines (IFNg ; TH1 ; IL-4 ; TH2).

Indications pour un dosage des IgG anti-alimentaires

L’étiologie alimentaire étant fréquemment en cause chez les enfants atopiques avec une prédisposition génétique le dosage des IgG alimentaires est utile à titre préventif chez les enfants avec des antécédents familiaux. A titre thérapeutique, un régime alimentaire basé sur le profil des intolérances serait un complément pour la traitement symptomatique de l’eczéma atopique.