Food Intolerance

Recto-colite et maladie de Crohn

La recto-colite ulcéro-hémorragique et la maladie de Crohn sont deux formes de maladies inflammatoires de l’intestin chez l’adulte avec étiologies différentes. Leur dénominateur commun est une prédisposition génétique pour des réponses exagérées du système immunitaire intestinal.

Une déficience ou activité réduite des cytokines suppressives, notamment TGF-b, jouerait un rôle important dans la pathogenèse de ces maladies inflammatoires (Kanazawa et al., 2001). Sous des conditions physiologiques, TGF-b prévient la destruction de la muqueuse intestinale.
L’absence de récepteurs TGF-b a pour effet une expression accrue d’antigènes dans un contexte MHC II avec production d’auto-anticorps conduisant à des lésions importantes de la muqueuse intestinale (Barnard et al., 1995).

Maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique pouvant affecter n’importe quelle partie du tractus digestif. L’inflammation intestinale et est accompagnée d’une atteinte articulaire chez au moins 60 % des patients (De Vos, 2002).

Une prédisposition génétique due à une mutation au niveau du gène NOD2 pour la maladie de Crohn a été mise en évidence. L’inflammation articulaire et surtout la spondylarthropathie associée à la maldie de Crohn est liée au phénotype HLA B27. La nature précise des évènements qui mènent au déclenchement de la maladie est inconnue. La réponse exagérée du système immunitaire intestinal serait liée à une augmentation de la perméabilité intestinale avec une perte de la tolérance envers la flore intestinale commensale.

En ce qui concerne les manifestations articulaires, Les macrophages jouent probablement un rôle en transportant les antigènes bactériens de l’intestin vers les membranes synoviales, tandis que les lymphocytes activés par contact avec les antigènes bactériens au niveau de la muqueuse intestinale seraient attirés par des molécules d’adhésion du tissu articulaire (De Vos, 2002).

Une augmentation de la perméabilité intestinale précède le développement de la maladie de Crohn puisqu’elle est non seulement présente chez les patients souffrant d’une maladie de Crohn et mais également chez plus de 10 % des membres de la famille au 1er degré asymptomatiques (Secondulfo et al., 2001). Le facteur déclenchant de cette altération de la perméabilité intestinale pourrait être des bactéries ou des produits bactériens. Dans les foyers inflammatoires actifs de la maladie de Crohn sont recrutés probablement à partir du sang périphérique des macrophages ressemblant à des monocytes, qui sont nettement plus réactifs que les macrophages résidents et montrent une expression importante du récepteur CD14 pour les lipopolysaccharides (Grimm et al., 1995). Ils peuvent être activés spontanément ou par des bactéries commensales ou entéropathogènes et ou des antigènes bactériens tels que les lipopolysaccharides et provoquent des altérations importantes au niveau du transport épithélial des ions et de la barrière intestinale (Zareie et al., 2001). L’absence de CD14 au niveau des macrophages résidents permet de limiter leur réponse et éviter une réponse inflammatoire face à l’exposition quotidienne de l’épithélium intestinal aux lipopolysaccharides de la flore bactérienne physiologique. En cas de réaction inflammatoire, l’afflux continu de monocytes sanguins conduit à une population importante de macrophages CD14+ sensibles aux lipopolysaccharides. Cette sensibilité devient particulièrement importante si elle est associée à une perméabilité accrue de la muqueuse permettant à des grandes quantités de lipopolysaccharides d’atteindre la sous-muqueuse. Ces macrophages CD14+ libèrent des cytokines comprenant TNFa, IL-6 et IL-1b (Reinecker et al., 1993). TNFa interfère avec le transport épithélial ionique et augmente à son tour la perméabilité de la barrière intestinale par une augmentation de la fonction TH1 du système immunitaire intestinal avec production d’IFNg (Targan et al., 2000). Le rôle clef de TNFa dans la maladie de Crohn a été confirmé par plusieurs études thérapeutiques qui ont démontré qu’un traitement avec un anticorps monoclonal anti-TNFa (infliximab) neutralise l’activité de TNFa et restaure la barrière intestinale (Van Assche and Rutgeerts, 2000).Il en résulte une amélioration rapide, spectaculaire et durable de l’inflammation intestinale et articulaire (Targan et al., 2000), La production d’IFNg due à la réponse immunitaire de type TH1 est réduite au niveau de la muqueuse intestinale à un taux observé à l’état normal non-inflammatoire. Bien que l’anticorps anti-TNFa est bien toléré à court terme, cette thérapie pourrait présenter des effets secondaires potentiels à long terme tels que la génération d’anticorps humains anti-anticorps chimériques et de maladies lymphoproliferatives.