Food Intolerance

Une alimentation saine pourrait vous rendre malade!

Cette affirmation n’est pas seulement un slogan publicitaire mais une réalité de tous les jours pour une très grande majorité d’entre nous.

De par les médias et les informations du guide canadien, nous sommes très conscients qu’une saine alimentation signifie consommer, pour les adolescents et les adultes, un minimum de 7 à 10 portions de fruits et légumes par jour. De plus, grâce aux travaux et les livres mondialement connus du Dr. Richard Beliveau nous avons appris que « Notre meilleur allié n’est pas la pharmacie ni le comptoir d’aliments naturels, mais le supermarché. » . Le Dr David Servan Schreiber va également dans le même sens . La littérature scientifique nous montre de plus en plus que bien se nourrir, n’est pas seulement bénéfique pour se prémunir du cancer mais également de nombreuses maladies chroniques. Nous savons qu’une alimentation riche en fruits et légumes est extrêmement bénéfique pour notre santé, elle stimule notre métabolisme en général, notre système immunitaire, notre système endocrinien et notre système nerveux central.

Mais comment ce fait-il, alors, qu’une alimentation saine pourrait être à l’origine de plusieurs de nos maux?

Tout a commencé avec les recherches et les observations du Dr Jean Seignalet qui montre, notamment dans son livre « L’alimentation ou la 3ème médecine », que certains aliments ainsi que leur mode de cuisson peuvent être à l’origine de nombreuses maladies . C’est le premier scientifique, à ma connaissance, qui montre que notre alimentation, que nous croyons à tort saine, est en réalité fortement altérée par la prise fréquente de molécules chimiques comme les antibiotiques, les médicaments, les différents additifs alimentaires ou encore par la cuisson à de trop hautes températures. Ce régime alimentaire rend notre tube digestif poreux et donc très perméable à diverses molécules de notre bol alimentaire. Dès lors, ces molécules ainsi que celles produites par les bactéries pathogènes de notre tube digestif, pénètrent dans notre organisme et sont reconnues comme étrangères par notre système immunitaire qui synthétise des anticorps pour les neutraliser, au même titre que des bactéries ou des virus. Le passage de molécules exogènes provoque un processus inflammatoire chronique et une réponse immunitaire qui, en fonction du terrain, aboutissent à l’apparition d’une maladie auto-immune, d’une maladie dite d’encrassage ou encore de pathologie dites d’élimination . Ainsi, dans le cas où la paroi de notre intestin est altérée et devenue perméable, on comprendra que des molécules alimentaires imparfaitement digérées pouvant provenir aussi bien d’une pomme, d’un brocoli, de l’orge ou d’un fromage de chèvre.
Désormais, il ne faut plus uniquement tenir compte de la valeur nutritionnelle (référence aux guides alimentaires) ou même thérapeutique (référence par exemple aux travaux de R. Beliveau) mais également de l’interaction de notre alimentation avec notre système immunitaire; c’est ce que l’on appelle l’immunonutrition .

L’immunonutrition étudie les capacités immunitaires de chacun à tolérer tel ou tel aliment et les moyens d’augmenter ses tolérances propres. Ainsi, maîtriser l’inflammation chronique en se nourrissant en fonction de son immunité spécifique c’est aussi bien augmenter son bien être, ses performances psychologiques, intellectuelles ou sportives, maîtriser son poids, optimiser son vieillissement et sa longévité aussi bien que contribuer et aider à la guérison de pathologies rhumatismales, cardiovasculaires, digestives, psychiatriques, allergiques, migraineuses et de bien d’autres encore.

Comment parvenir à maîtriser cette inflammation chronique? Tout simplement en examinant la présence d’anticorps dirigés contre les aliments que nous mangeons. Cette analyse, effectuée au sein de notre laboratoire, s’effectue grâce à une technique que l’on appel ELISA. Lorsque l’on détecte ces anticorps de type IgG dans le sang, on parle alors d’allergies alimentaires de type III qu’il faut distinguer des allergies alimentaires de type I. Très succinctement, les allergies alimentaires de type III sont des allergies retardées (à IgG) c’est-à-dire apparaissant quelques heures à quelques jours après le repas, et dont l’intensité de la réaction est relativement faible. Par contre, les allergies alimentaires de type I sont des allergies violentes (à IgE) pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique et qui se déclanche immédiatement après la prise de l’allergène.

En conclusion, nous savons dorénavant que nous devons manger sainement mais également en fonction d’une caractéristique qui nous est personnelle, système immunitaire. Une pomme peut être bonne pour l’un mais source d’inflammation chronique pour l’autre.

Ch. Linard, PhD, DEPD, CSPQ
Biochimiste clinique
Professeur
Université du Québec à Trois-Rivières